Les tours à Paris

Les premiers effets de la défaite relative des Verts aux élections municipales de Paris se font sentir. La question des tours revient sur le tapis parisien. Que n ‘a t on pas entendu sur ce sujet. L ‘intervention que je préfère est celle Du Corbusier et du plan Voisin pour Paris. Il s’agissait de raser Paris entièrement sauf Notre Dame et quelques autres monuments historiques et une fois place nette faite de les remplacer par des barres parallèles de plusieurs dizaines d’étages et de quelques milliers de cellules qui peuvent aussi bien faire des bureaux que des habitations . Les dessins de l’époque sont positivement incroyables, on se demande comment quelqu’un de relativement normal pu enfanter un monstre pareil. Même pour un décor de film catastrophe je crois qu’on n’oserait plus.

Giscard a bloqué la construction des tours dans Paris et celle des pénétrantes routières . Aujourd’hui la question revient sur le tapis. Mais, rassurons nous il ne s’agit pas de construire dans Paris , dans le Marais en face de chez Lang par exemple . Non, ces tours parisiennes idéalement seraient construites en banlieue , selon un processus déjà vu avec la Défense. Ce mouvement centrifuge de Paris expulsant vers la banlieue les problèmes est très ancien. Il commence avec les charniers et gibets de Montfaucon, se continue avec l’expulsion des cimetières ( Thiais .. ) des hôpitaux psychiatriques de préférence ( Charenton.. ) des décharges,des égouts , des champs d’épandage ( Achéres .. ) des établissement universitaires scientifiques ( Orsay .. ou Jussieu sur Amiante ) et Techniques Beurk. ( Cachan .. ) Beurk. Bien entendu les éléments nobles restent dans Paris comme les facs de Droit , les grandes facs de médecine, une partie des lettres. Les ministères et les grands services de l’Etat restent à Paris. Enfin, bien entendu les pauvres sont expulsés , c’est une grande constante depuis Haussman, la ville de Paris installe ses HLM soit sur les fortifs , le plus à l’extérieur possible, ou sur les communes périphériques qui se couvrent de HLM gérés de fait par la ville de Paris. Dans Paris intra muros les logement sociaux sont attribués aux bons pauvres laborieux sages et votant bien.

Bien entendu la politique du transport suit. La politique constante de la ville de Paris est de bloquer les transports entre Paris et la Banlieue. Les choix techniques du métro n ‘ont qu’un seul but rendre les échanges Paris/ extérieur de Paris plus difficiles. Le plan d’extension du métro des année 30 n’est pas encore fini soit prés de 80 ans plus tard c ‘est dire si l’opposition de la VP à l’extension du métro vers la Banlieue a été efficace. Sur Saint Lazare par exemple le train de banlieue suivent sur le groupe 1 Versailles St Nom encore les horaires des années 30. Et, il n ‘est pas question d’amélioration , la SNCF essayant par des suppressions de trains continuelles d’habituer les clients à une situation ultérieure pire ( imposer des changements de train à la Défense ) . Dans la même région la RATP à remplacer à grand frais la voie de Puteaux à Issy Plaine par un tram aux normes techniques telles qu’il est impossible de faire rouler un train sur les voies. C’est l reprise des choix de 1900 pour le métro, voila une belle continuité à travers les siècles. On peut aussi remarquer que la construction a été bloqué pendant des années pour une argutie à propos de la construction d’un pont à Puteaux ( pont que le Génie aurait construit en quelques jours ) Rien n ‘a été fait pour débloquer la situation, les interets de blocage étaient vraiment fort. Du coté d’Issy la ligne s’arrete au milieu de nulle part , les travaux de prolongation jusqu’à un terminal de metro s’éternisent et le maximum est fait pour les rendre aussi longs que possibles , bien entendu le tram des Maréchaux et le tram de Banlieue sont techniquement incompatibles.

Le choix du tram sur les boulevards des Maréchaux est inspiré par la même idéologie, bloquer les arrivées de Paris aux banlieusards reporter les nuisances le plus prés possible des banlieues. Il aurait été tres simple de réutiliser la ligne de petite ceinture , mais cela aurait fait de la peine à tout ceux qui avaient acheté un appartement donnant sur les anciennes voies qui font un très beau jardin , et ceux là ils votent à Paris et sont capables de pétitionner enfin de faire des ennuis. Le choix a donc été vite fait.

Pourquoi bloquer les transports vers la banlieue? et bien tout simplement pour maintenir les prix des appartements élevés dans Paris intra muros. De plus il faut empêcher les pauvres de revenir dans Paris pour s’amuser, pour travailler bien sur mais surtout il faut rendre les transports si pénibles qu’ils ne reviennent pas gêner le soir ou le week end. Les RER A et B rendent les Halles bien trop proches de banlieues,la ville n’a pu empêcher leur construction, c’était De Gaulle qui a décidé du Rer A entre Etoile et La Defense , et aussi plus indirectement de sa continuation vers l’ancienne ligne de la Bastille . Elle s’est bien rattrapée avec le C qu’elle a rendu si pénible d’utilisation en imposant des arrêts inutiles. L’histoire des voies de la ligne des présidents seraient amusante si elle n’était un signe fort de cette politique.

Et, puis les banlieusards travaillent à Paris mais n’y votent pas, quelles importance de les mécontenter? Un autre exemple , le blocage des quais de la Seine ,de la traversée du Bois de Boulogne et de celui de Vincennes en week end pose pas mal de problèmes aux banlieusards qui justement ces jours là ont encore moins de transport en commun un double but est atteint amuser les bobos parisiens qui peuvent faire du vélo au Bois et bloquer les banlieusards qui voudraient s’amuser dans Paris. On pourrait multiplier les exemples, la carte orange, les tarifications etc.

A cette politique d’expulsions s’ajoute une politique fiscale, la ville expulse les problèmes mais ne paye pas . Ainsi dans les communes périphériques o^u la ville installe les HLM les impôts locaux des résidents non bénéficiaires des HLM explose , il faut bien que quelqu’un paye. Ce qui provoque la fuite de ces résidents et débute le cercle vicieux bien connu qui conduit inexorablement aux problèmes que chacun connaît.

Il semble évident que le découpage urbain qui date de 1850 n’ a plus aucune pertinence, que le minimum est d’intégrer dans Paris les communes de l’ancienne Seine et celles qui les touchent. Ce qui permettrait une péréquation des revenus des impôts locaux et une voix au chapitre dans le conseil de Paris des communes qui subissent passivement Paris.

Il est clair que la politique urbaine en serait complètement changée.

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